Les bons conseils de Jean-Noël

Mon père disait : « Je conduis mon entreprise comme je conduis mon ménage. »

C’est pourquoi à mon tour je conduis mon entreprise comme mon père conduisait son ménage. Pyramidal, droit dans ses bottes, doigt à la couture. Ça a fait ses preuves, c’est indémodable. (Merci, papa.)

 

Tout de même, on en a vu des changements s’opérer en cinquante ans.

Des progrès comme… Tiens, l’opeune spaisse, par exemple, c’est l’avenir de l’entreprise. Opeune, opeune ! Même la cantine, maintenant, ça se passe dans l’opeune spaisse. Le jour où je pourrai faire tomber les cloisons des vécés, je pense que j’aurai franchi un cap de productivité. Je crois que je tiens un truc, là.

Le vendredi, c’est fraïdèouaire, d’accord, j’ai bien compris.

Comme ça, les salariés sont tout décontractés pour le ouïkène. Moi, j’ai fini par accepter, mais à une condition : Ceux qui veulent être détendus le vendredi reprendront forme humaine le lundi. Pour eux, ce sera monnedèouaire : costume trois pièces sombre et guêtres en feutrine assorties. Comme moi.

 

Moi aussi, j’aime bien l’idée du braine-stormine.

Une fois de temps en temps, on s’assied autour de la table et on dit tout ce qui nous passe par la tête. Des idées nouvelles, des envies saugrenues pour changer l’ordinaire : et pourquoi pas mélanger le sucré et le salé ? Et si on allait visiter l’île de Malte, inscrire les enfants à un cours de cornemuse ! Sans blague. Vous faites ça chez vous si vous voulez, mais pas au boulot. Ici, les idées, c’est moi qui les ai et elles sont tout ce qu’il y a de plus normales.

 

Moi, j’ai commencé de rien et, pour en arriver là, j’ai dû en abattre du travail, sans compter mes heures.

On sait ce que c’est quand on a une entreprise à soi. On sacrifie. J’ai beaucoup sacrifié, mais je peux être fier de moi. De toute façon, le travail, c’est forcément du sacrifice.

 

Il m’a dit : « Le mercredi, je pourrais travailler depuis chez moi, et… »

Je l’ai coupé : « Si vous n’avez pas de baby-sitter, vous n’avez qu’à dire à votre femme de ne plus travailler qu’à temps partiel, comme ça, le mercredi, elle pourra s’en occuper, elle, de vos gosses. » Après un silence, il m’a dit : « Je peux très bien m’organiser, vous savez. J’ai un petit bureau chez moi et… » Je l’ai (re)coupé : « Mais pas de problème, mon p’tit Frédéric, si vous voulez travailler chez vous, vous n’avez qu’à apporter vos dossiers le soir ou le ouikène. Mais c’est hors de question de faire ça dans les horaires de boulot ! » Je ne sais pas d’où ils sortent leurs idées, mais faudrait surtout pas oublier qui est le patron. Moi, j’ai pas confiance. Dans « télétravail », j’entends surtout « télé ».

 

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