Entre pression financière, décisions à répétition, charge opérationnelle et solitude managériale, la santé mentale des dirigeants est un sujet encore trop peu évoqué. Pourtant, le dernier baromètre de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur et Bpifrance Le Lab révèle un chiffre inquiétant : 1 dirigeant sur 3 est en mauvaise santé mentale.
Une réalité qui ne peut plus être ignorée
La charge mentale entrepreneuriale ne ressemble à aucune autre.
Elle mélange :
- la responsabilité financière,
- le pilotage des équipes,
- les incertitudes du marché,
- la pression du quotidien,
- les risques personnels engagés,
- et la difficulté à “déconnecter”.
Dans ce contexte, le stress chronique devient presque invisible… jusqu’au moment où il déborde.
Les chiffres du baromètre le confirment : un tiers des dirigeants souffrent aujourd’hui de difficultés psychologiques significatives. Et ce n’est pas une fragilité individuelle : c’est un symptôme collectif.
Quand le dirigeant vacille, l’entreprise aussi
Un dirigeant épuisé n’est pas seulement une personne en souffrance, c’est toute une organisation qui ralentit.
Stress, fatigue décisionnelle, irritabilité, perte de clarté, difficultés de concentration : ces signaux d’alerte coûtent cher, humainement comme économiquement.
Mettre l’humain au centre, ce n’est pas du confort : c’est une condition de survie.
Car derrière chaque entreprise, chaque emploi, chaque projet… il y a un dirigeant.
Parler, consulter, s’entourer : des réflexes de santé indispensables
Face à la charge mentale, le silence est souvent le pire ennemi du dirigeant.
Beaucoup pensent devoir “tenir bon”, ne rien montrer, ou éviter d’inquiéter leurs équipes. Pourtant, parler est souvent la première étape du rétablissement.
Consulter un professionnel, échanger avec un réseau d’entrepreneurs, se faire accompagner par un coach, un psychologue ou un mentor permet de :
- prendre du recul sur la situation,
- briser l’isolement,
- retrouver une vision claire,
- réapprendre à poser des limites,
- se reconnecter à ce qui fait sens.
S’entourer n’est pas un luxe, ni un aveu de faiblesse : c’est une stratégie de résilience.
L’importance de briser le tabou
Parler de santé mentale reste encore délicat dans le monde entrepreneurial, où l’on glorifie le mental d’acier et la capacité à tenir coûte que coûte.
Et pourtant, reconnaître ses limites n’est pas un aveu de faiblesse : c’est un acte de maturité.
Les dirigeants qui prennent soin d’eux :
- prennent de meilleures décisions,
- sont plus résistants sur la durée,
- cultivent des relations de travail plus saines,
- inspirent une culture d’entreprise plus équilibrée.
Mettre l’humain avant la performance
Ce chiffre (1 dirigeant sur 3 en difficulté) devrait faire réfléchir tout l’écosystème : collaborateurs, partenaires, institutions, réseaux d’entrepreneurs.
L’avenir économique passe aussi par une meilleure prise en compte du bien-être des dirigeants.
Parce qu’un entrepreneur en bonne santé, c’est une entreprise plus solide.
Et avant la performance, il y a toujours l’humain !